Tawa, Kouam

Fruit d’un arbre

2023

Tawa, Kouam

2023

Un homme est enfermé, sans n’avoir plus aucun repère, et nous parle.

C’est le fils qu’un dictateur destinait à sa succession et qui s’y préparait. Passant beaucoup de temps sur les réseaux sociaux, il a fini par côtoyer le bas peuple et a, un jour, osé demander à son père de lâcher du lest.

S’en est suivie une descente aux enfers qui l’a conduit dans ce lieu clos d’où il s’interroge, tentant de ne pas sombrer dans la folie.

Scène 2.

Est-ce à cause de la voix

que tu es ici ?

De la petite voix

dans ta tête ?

De la petite voix

si frêle mais

tenace

qui souvent

susurre

dans ta tête

comme crisse

longuement

un bouchon
sur un bloc de béton ?

Tout allait comme on dit

pour le mieux

dans le meilleur des mondes

et tu menais

comme tous ceux

du palais

ton existence

de pacha

croquant la vie

roulant sur l’or

courant le monde

et le guilledou

voyant des films

de dauphins

et de princes

pour nourrir

ton grand rêve

et t’assurant

par l’attention

du vieux

ses sourires en coin

et ses petites tapes

sur l’épaule

que tu es toujours

son préféré

jusqu’à cet incident

qui t’a fait lire

dans ses yeux

autre chose

que le regard

même menaçant
d’un père sur son fils.

Tu avais dit à table

lors d’un repas

de famille

parce que fatigué

des récriminations

du peuple

de ses malédictions

contre vous du palais

et des Hashtag

Non Aux Trucages

Des Élections !

Hashtag

Oui À La Liberté

D’expression !

Hashtag

Non Aux Détournements

Des Fonds !

Hashtag

Oui À La Liberté

De Manifester !

Hashtag

Trop C’est Trop !

Hashtag

On N’en Peut Plus !

qui pleuvaient

sur les réseaux sociaux

tu avais dit à table

au vieux

qui d’habitude

te reprochait de ne jamais

donner ton avis

comme si

seuls comptaient

pour toi

le smartphone

les dessins animés

et les réseaux sociaux

tu avais dit

au vieux au cours

de ce repas

familial et convivial

que les plaintes

du peuple

que ceux de la cour

disaient sans fondement

étaient compréhensibles

et qu’il serait sage

eu égard

à la grogne

qui monte

de plus en plus

dans le pays

et dans les diasporas

qu’il lâche un peu du lest.

Tu l’avais dit par crainte

que cette grogne

qui va s’amplifiant

sur les réseaux sociaux

ne devienne

raz-de-marée

et emporte

comme ailleurs

dans sa fougue

et dans son désastre

tous les gens du palais

et tu avais à peine

fini ta phrase

tournée Dieu sait

sept fois

sur ta langue

que ton papounet

des repas

familiaux et conviviaux

a laissé tomber

couteau et fourchette

dans l’assiette

de Zillion-Dollar Frittata

pour te fixer

d’un regard fulminant

non pas de père

à son fils

ou d’homme

à un jeune homme

mais de fauve

c’est certain

sur une proie

de fauve

semblable au lion

de ses photos de campagne

et t’a demandé
Pardon ??

Lequel Pardon ??

a refroidi ton élan

et figé le repas

familial et convivial

autour de la table

stoppant

la fourchette

s’en allant

à la pêche

retenant

la bouchée

sur le point

d’ achever sa course

lequel Pardon ??

a sonné

dans ta tête

non pas comme

la réaction

d’un père surpris

par la parole inopinée

de son fils

mais comme

le grommèlement

d’un chien enragé

dont on vient

de piétiner la queue

et sa moustache

se dressant

et ses sourcils

se hérissant

et ses yeux

s’humectant

t’ont fait te demander

s’il n’était

en réalité

pas le tyran

qu’on vilipende

sur les réseaux sociaux

le monstre fourbe

capable comme

quelqu’un l’a écrit

de saigner

son adversaire

en soufflant

sur la veine
qu’il a ouverte en riant.

Tu te souviens

que le temps

s’était arrêté.

Que tu avais soudain

pris conscience

de l’incapacité

des êtres dits

humains

à se dissiper

comme de la fumée.
(….)

—-

Scène 6.

Est-ce à cause de tes yeux

et de tes oreilles

qui n’arrêtent pas

de s’ouvrir

depuis que

tu entends des voix

sortant tu ne sais d’où

et perçois les pensées

des êtres

et des choses

autour de toi

que tu es dans ce trou

qui se rétrécit

et s’assombrit

au fil du temps

à te demander

si la catastrophe

est en cours
ou a déjà eu lieu ?

Tout s’est mis à sonner

creux et faux

dans le palais

dès lors que

tu as commencé

à regarder le palais

et ses occupants

d’un œil autre

que celui du fils

fils de son père

et à les écouter

d’une oreille autre

que celle du fils
du fils de sa mère.

Tout ce qu’on disait être

projets actions

largesses

en faveur

du peuple

et que tu acclamais

du temps

de ton aveuglement

en saluant

la conscience

et la bonté

des gens du palais

si soucieux du pays

et en maudissant

la négativité

et l’outrage

des jaloux

du bas peuple

qui critiquent

à tout-va

ne se satisfont

jamais de rien

et trouvent à redire

même quand

il n’y a rien à redire

tout ce qu’on disait être

actions projets

largesses

en faveur

du peuple

t’a tout à coup

paru un tissu

de mensonges

et de manœuvres

pour s’affairer

à la seule chose

à laquelle s’affairent

activement

les gens du palais :

se cramponner
durablement au pouvoir.

Tout s’est mis à sonner

creux et faux

du côté aussi

du peuple

que tu ne connais

qu’à travers

les réseaux sociaux

et trouvais étrange

pour n’avoir connu

que l’ordre

et le raffinement

du palais

qu’ils s’exhibent

et s’étripent

avec tant

de bassesse
et de grossièreté.

Et tout ce qui semble

faim de justice

et soif de liberté

n’est au fond

pour la plupart

que frustration

de n’avoir pas place

autour de la mangeoire

n’est au fond

pour la plupart

que désir de chasser

ceux qui sont

autour de la mangeoire

pour occuper leur place

et jouir comme eux
des biens de la mangeoire.

Plus tu voyais et entendais

plus tu percevais

les pensées

des sangsues

suçant

à tirelarigot

le sang

de la vache à sang

nationale

les pensées

des choses

s’étonnant

de tant

de superficialité

d’irresponsabilité

et de médiocrité

du côté

des rassasiés

comme des affamés

Et plus s’imposait à toi

la petite voix

qui dans la puanteur

que tu étais

peut-être le seul

à sentir

te disait

le matin à midi

comme le soir

Tout ça va mal finir !

la petite voix

qui te voyant

à l’étage

te disait

Jette-toi dans le vide

pour te tirer d’affaire.

la petite voix

qui te voyant

près d’une prise

te disait

Enfonces-y un clou

pour te tirer d’affaire.

la petite voix

qui te sentant

dans la baignoire

te disait

Ouvre-toi les veines

pour te tirer d’affaire.

la petite voix

qui les jours

de grande confusion

où tu ne savais plus

où poser le pied

ou donner de la tête

te disait

Bientôt la catastrophe !

Vivement une balle
pour te tirer d’affaire !


Distinction

Pièce sélectionné pour le Prix Sacd de la dramaturgie francophone 2023.

Extraits de presse

« Monologue proche du poème. Une écriture épurée et directe. »

Centre national du livre, février 2023]

—-
« aucune possibilité de flâner entre les lignes ni s'échapper, je l'entends, j'écoute ses mots
Leur violence, leur désarroi, son désespoir, sa descente aux enfers !
Sa raison déraisonne, il ne contrôle plus sa main, ses pieds : le chaos !
Il lutte pour ne pas sombrer dans cette folie
Il sait la Tristesse de la vie d'un oiseau en cage
Car ici c'est le néant, le trou : asile ou prison. (…)

Une puissance, une écriture épurée, des mots percutants :
le pouvoir des mots !
Et surtout un questionnement, une réflexion profonde et toujours à frôler
les frontières de la folie. »

[Babelio, 5 octobre 2023]

—-
« Au-delà du rythme, au-delà de la mise en scène qu'on image sans mal, l'identification opère dès les premières pages, un attachement au personnage »

[Babelio, 7 octobre 2023]

—-
« Poète en premier lieu. Et poète toujours dans son écriture théâtrale.

<em>Fruit d’un arbre</em> est un court texte ; le monologue d’un jeune homme qui s’adresse au spectateur ; lui demande pourquoi il se trouve là, enfermé dans un lieu inconnu.

Son père dirige le pays, depuis son palais, d’une main de fer. Lui est le fils préféré (…)

[Or] il découvre que le peuple n’est pas heureux. Plus que ça même, il est en colère (…) Au cours du repas de famille, il s’en ouvre à son père (…) Une remarque pleine de bon sens. Une remarque faite pour protéger les siens. (…)

Et c’est à partir de ce jour que tout bascule. D’abord une petite voix en lui se fait entendre, s’insurge et le traite de minable.

Puis il perçoit les pensées des autres cachées derrière leurs paroles mielleuses. Celles du monarque bien sûr, de la première dame, du chef du protocole, mais aussi celles de la cuisse de poulet qu’il est en train de manger, du verre de grenadine et du poisson dans l’aquarium. (…)

L’écriture est fluide, limpide. Les phrases, parfois longues, se parcourent avec un grand plaisir de lecture, et le lecteur se sent comme aspiré par le texte. Jusqu’au silence final. »

[Patrick Gay-Bellile, <strong>Le Matricule des Anges</strong>, n°251, mars 2024]

—-
« L’impuissance [du fils du dictacteur] à lutter pour que les choses aillent mieux dans ce royaume pourri évoque l’impossibilité d’Hamlet.

Il fait vœu de silence, le seul acte qui lui semble envisageable.

Un monologue facile à partager et à utiliser pour un atelier théâtre. »

[Fanny Carel, <strong>Revue des Livres pour Enfants</strong>, n°339, juillet 2024]

<h3>Vie du texte</h3>

<strong>Lecture</strong> par Roberto Jean, en présence de l’auteur, au [Théâtre des Doms, Avignon, le 6 décembre 2023.

—-
Performance sonore réalisée par la Compagnie Lela dans le cadre du Théâtre de Poche Européen, dans une réalisation de Lélio Plotton, dramaturgie de Lola Molina, création sonore Iurii Kuznetsov, avec Virus et Kouam Tawa, Théâtre Jacques Cœur de Bourges (18), le 7 juin 2025.

Rubriques :

Auteurs :

Champs éditoriaux importés

Titre source

Fruit d'un arbre

Surtitre

Tawa, Kouam

Sous-titre

2023

Description

ISBN : 978-2-84705-296-1
EAN : 9782847052961

13x21cm, 80 p., 14 €

monologue d'homme

Publié avec le soutien du Centre national du livre

Chapo

Un homme est enfermé, sans n’avoir plus aucun repère, et nous parle.

C’est le fils qu’un dictateur destinait à sa succession et qui s’y préparait. Passant beaucoup de temps sur les réseaux sociaux, il a fini par côtoyer le bas peuple et a, un jour, osé demander à son père de lâcher du lest.

S’en est suivie une descente aux enfers qui l’a conduit dans ce lieu clos d’où il s’interroge, tentant de ne pas sombrer dans la folie.

Texte source

{{Scène 2.}}

Est-ce à cause de la voix

que tu es ici ?

De la petite voix

dans ta tête ?

De la petite voix

si frêle mais

tenace

qui souvent

susurre

dans ta tête

comme crisse

longuement

un bouchon
sur un bloc de béton ?

Tout allait comme on dit

pour le mieux

dans le meilleur des mondes

et tu menais

comme tous ceux

du palais

ton existence

de pacha

croquant la vie

roulant sur l’or

courant le monde

et le guilledou

voyant des films

de dauphins

et de princes

pour nourrir

ton grand rêve

et t’assurant

par l’attention

du vieux

ses sourires en coin

et ses petites tapes

sur l’épaule

que tu es toujours

son préféré

jusqu’à cet incident

qui t’a fait lire

dans ses yeux

autre chose

que le regard

même menaçant
d’un père sur son fils.

Tu avais dit à table

lors d’un repas

de famille

parce que fatigué

des récriminations

du peuple

de ses malédictions

contre vous du palais

et des Hashtag

Non Aux Trucages

Des Élections !

Hashtag

Oui À La Liberté

D’expression !

Hashtag

Non Aux Détournements

Des Fonds !

Hashtag

Oui À La Liberté

De Manifester !

Hashtag

Trop C’est Trop !

Hashtag

On N’en Peut Plus !

qui pleuvaient

sur les réseaux sociaux

tu avais dit à table

au vieux

qui d’habitude

te reprochait de ne jamais

donner ton avis

comme si

seuls comptaient

pour toi

le smartphone

les dessins animés

et les réseaux sociaux

tu avais dit

au vieux au cours

de ce repas

familial et convivial

que les plaintes

du peuple

que ceux de la cour

disaient sans fondement

étaient compréhensibles

et qu’il serait sage

eu égard

à la grogne

qui monte

de plus en plus

dans le pays

et dans les diasporas

qu’il lâche un peu du lest.

Tu l’avais dit par crainte

que cette grogne

qui va s’amplifiant

sur les réseaux sociaux

ne devienne

raz-de-marée

et emporte

comme ailleurs

dans sa fougue

et dans son désastre

tous les gens du palais

et tu avais à peine

fini ta phrase

tournée Dieu sait

sept fois

sur ta langue

que ton papounet

des repas

familiaux et conviviaux

a laissé tomber

couteau et fourchette

dans l’assiette

de Zillion-Dollar Frittata

pour te fixer

d’un regard fulminant

non pas de père

à son fils

ou d’homme

à un jeune homme

mais de fauve

c’est certain

sur une proie

de fauve

semblable au lion

de ses photos de campagne

et t’a demandé
Pardon ??

Lequel Pardon ??

a refroidi ton élan

et figé le repas

familial et convivial

autour de la table

stoppant

la fourchette

s’en allant

à la pêche

retenant

la bouchée

sur le point

d’ achever sa course

lequel Pardon ??

a sonné

dans ta tête

non pas comme

la réaction

d’un père surpris

par la parole inopinée

de son fils

mais comme

le grommèlement

d’un chien enragé

dont on vient

de piétiner la queue

et sa moustache

se dressant

et ses sourcils

se hérissant

et ses yeux

s’humectant

t’ont fait te demander

s’il n’était

en réalité

pas le tyran

qu’on vilipende

sur les réseaux sociaux

le monstre fourbe

capable comme

quelqu’un l’a écrit

de saigner

son adversaire

en soufflant

sur la veine
qu’il a ouverte en riant.

Tu te souviens

que le temps

s’était arrêté.

Que tu avais soudain

pris conscience

de l’incapacité

des êtres dits

humains

à se dissiper

comme de la fumée.
(….)

----

{{Scène 6.}}

Est-ce à cause de tes yeux

et de tes oreilles

qui n’arrêtent pas

de s’ouvrir

depuis que

tu entends des voix

sortant tu ne sais d’où

et perçois les pensées

des êtres

et des choses

autour de toi

que tu es dans ce trou

qui se rétrécit

et s’assombrit

au fil du temps

à te demander

si la catastrophe

est en cours
ou a déjà eu lieu ?

Tout s’est mis à sonner

creux et faux

dans le palais

dès lors que

tu as commencé

à regarder le palais

et ses occupants

d’un œil autre

que celui du fils

fils de son père

et à les écouter

d’une oreille autre

que celle du fils
du fils de sa mère.

Tout ce qu’on disait être

projets actions

largesses

en faveur

du peuple

et que tu acclamais

du temps

de ton aveuglement

en saluant

la conscience

et la bonté

des gens du palais

si soucieux du pays

et en maudissant

la négativité

et l’outrage

des jaloux

du bas peuple

qui critiquent

à tout-va

ne se satisfont

jamais de rien

et trouvent à redire

même quand

il n’y a rien à redire

tout ce qu’on disait être

actions projets

largesses

en faveur

du peuple

t’a tout à coup

paru un tissu

de mensonges

et de manœuvres

pour s’affairer

à la seule chose

à laquelle s’affairent

activement

les gens du palais :

se cramponner
durablement au pouvoir.

Tout s’est mis à sonner

creux et faux

du côté aussi

du peuple

que tu ne connais

qu’à travers

les réseaux sociaux

et trouvais étrange

pour n’avoir connu

que l’ordre

et le raffinement

du palais

qu’ils s’exhibent

et s’étripent

avec tant

de bassesse
et de grossièreté.

Et tout ce qui semble

faim de justice

et soif de liberté

n’est au fond

pour la plupart

que frustration

de n’avoir pas place

autour de la mangeoire

n’est au fond

pour la plupart

que désir de chasser

ceux qui sont

autour de la mangeoire

pour occuper leur place

et jouir comme eux
des biens de la mangeoire.

Plus tu voyais et entendais

plus tu percevais

les pensées

des sangsues

suçant

à tirelarigot

le sang

de la vache à sang

nationale

les pensées

des choses

s’étonnant

de tant

de superficialité

d’irresponsabilité

et de médiocrité

du côté

des rassasiés

comme des affamés

Et plus s’imposait à toi

la petite voix

qui dans la puanteur

que tu étais

peut-être le seul

à sentir

te disait

le matin à midi

comme le soir

Tout ça va mal finir !

la petite voix

qui te voyant

à l’étage

te disait

Jette-toi dans le vide

pour te tirer d’affaire.

la petite voix

qui te voyant

près d’une prise

te disait

Enfonces-y un clou

pour te tirer d’affaire.

la petite voix

qui te sentant

dans la baignoire

te disait

Ouvre-toi les veines

pour te tirer d’affaire.

la petite voix

qui les jours

de grande confusion

où tu ne savais plus

où poser le pied

ou donner de la tête

te disait

Bientôt la catastrophe !

Vivement une balle
pour te tirer d’affaire !

Post-scriptum

{{{Distinction}}}

Pièce {{sélectionné pour le Prix Sacd de la dramaturgie francophone}} 2023.

{{{Extraits de presse}}}

« Monologue proche du poème. Une écriture épurée et directe. »

[Centre national du livre, février 2023]

----
« aucune possibilité de flâner entre les lignes ni s'échapper, je l'entends, j'écoute ses mots
Leur violence, leur désarroi, son désespoir, sa descente aux enfers !
Sa raison déraisonne, il ne contrôle plus sa main, ses pieds : le chaos !
Il lutte pour ne pas sombrer dans cette folie
Il sait la Tristesse de la vie d'un oiseau en cage
Car ici c'est le néant, le trou : asile ou prison. (…)

Une puissance, une écriture épurée, des mots percutants :
le pouvoir des mots !
Et surtout un questionnement, une réflexion profonde et toujours à frôler
les frontières de la folie. »

[Babelio, 5 octobre 2023]

----
« Au-delà du rythme, au-delà de la mise en scène qu'on image sans mal, l'identification opère dès les premières pages, un attachement au personnage »

[Babelio, 7 octobre 2023]

----
« Poète en premier lieu. Et poète toujours dans son écriture théâtrale.

{Fruit d’un arbre} est un court texte ; le monologue d’un jeune homme qui s’adresse au spectateur ; lui demande pourquoi il se trouve là, enfermé dans un lieu inconnu.

Son père dirige le pays, depuis son palais, d’une main de fer. Lui est le fils préféré (…)

[Or] il découvre que le peuple n’est pas heureux. Plus que ça même, il est en colère (…) Au cours du repas de famille, il s’en ouvre à son père (…) Une remarque pleine de bon sens. Une remarque faite pour protéger les siens. (…)

Et c’est à partir de ce jour que tout bascule. D’abord une petite voix en lui se fait entendre, s’insurge et le traite de minable.

Puis il perçoit les pensées des autres cachées derrière leurs paroles mielleuses. Celles du monarque bien sûr, de la première dame, du chef du protocole, mais aussi celles de la cuisse de poulet qu’il est en train de manger, du verre de grenadine et du poisson dans l’aquarium. (…)

L’écriture est fluide, limpide. Les phrases, parfois longues, se parcourent avec un grand plaisir de lecture, et le lecteur se sent comme aspiré par le texte. Jusqu’au silence final. »

[Patrick Gay-Bellile, {{Le Matricule des Anges}}, n°251, mars 2024]

----
« L’impuissance [du fils du dictacteur] à lutter pour que les choses aillent mieux dans ce royaume pourri évoque l’impossibilité d’Hamlet.

Il fait vœu de silence, le seul acte qui lui semble envisageable.

Un monologue facile à partager et à utiliser pour un atelier théâtre. »

[Fanny Carel, {{Revue des Livres pour Enfants}}, n°339, juillet 2024]

{{{Vie du texte}}}

{{Lecture}} par Roberto Jean, en présence de l’auteur, au [Théâtre des Doms->https://www.lesdoms.eu/fruit-dun-arbre/], Avignon, le 6 décembre 2023.

----
{{Performance sonore}} réalisée par la [Compagnie Lela->https://compagnielela.fr/theatredepocheeuropeen/] dans le cadre du {{Théâtre de Poche Européen}}, dans une réalisation de {{Lélio Plotton}}, dramaturgie de {{Lola Molina}}, création sonore Iurii Kuznetsov, avec Virus et Kouam Tawa, Théâtre Jacques Cœur de Bourges (18), le 7 juin 2025.

Langue

fr

Statut source

publie

Date source

2023-06-22 17:39:00

Date de rédaction

0000-00-00 00:00:00

Date de modif

2025-04-20 18:03:42